Le métro parisien est souvent très plein. Beaucoup de voyageurs restent debout pour laisser un peu de place aux autres qui veulent monter. Les gens se tiennent très près les uns des autres, en laissant juste assez d’espace à leurs voisins pour tenir leur smartphone confortablement et faire défiler du contenu pendant tout le trajet. Dans ces moments-là, on comprend à quel point les gens regardent souvent des écrans.
L’addiction aux smartphones est un problème mondial qui touche des personnes de presque tous les âges. On regarde autour de soi, et tout le monde est concentré sur son téléphone. À première vue, les gens semblent regarder quelque chose de très important qui ne peut pas attendre. Peut-être un e-mail de l’ambassade ou un message de leur patron envoyé très tôt le matin.
Dans le métro parisien, nous nous tenons très près les uns des autres, et nos smartphones aussi. Il est donc naturel de regarder accidentellement le téléphone de son voisin. Et lorsque l’on regarde discrètement cet écran que l’on ne connaît pas, il n’y a généralement rien d’important. Jusqu’à présent, j’ai surtout remarqué deux choses : une personne qui fait défiler sans fin du contenu sur les réseaux sociaux, et une autre qui ouvre et ferme toutes les applications de son téléphone, comme si elle espérait voir apparaître quelque chose de nouveau.
Pendant ce temps, aux États-Unis, un groupe de jeunes New-Yorkais a récemment organisé un festival contre plusieurs nouvelles technologies, comme les smartphones, les chatbots d’intelligence artificielle et d’autres encore. Ils se font appeler les « luddites ». Au XIXe siècle, ce nom était donné aux personnes qui étaient contre les nouvelles technologies de leur époque.
Les luddites modernes détestent presque les réseaux sociaux. Ils les détestent tellement que, selon The Economist, ils n’ont même pas parlé de leur événement sur ces plateformes. Je ne pense pas que les luddites d’aujourd’hui aient arrêté d’utiliser les réseaux sociaux après le festival. Mais je crois qu’ils n’aiment vraiment pas les effets de ces plateformes sur les jeunes.
De la même manière, je ne pense pas que, dans le métro parisien, nous regardions les réseaux sociaux parce qu’ils nous passionnent. La grande majorité d’entre nous, je crois, a une petite part de luddite en elle. Et c’est ce que nous faisons tous aujourd’hui, partout dans le monde. Nous détestons les réseaux sociaux, mais nous continuons à regarder notre fil TikTok. Parfois, nous regardons aussi celui du voisin qui se tient juste à côté de nous.



